Témoignages d'émigrés italiens tiré de l'ouvrage : « origines »
Histoire d'Isabelle, une Dioise d'origine vénitienne :
« Ma famille a décidé de partir principalement pour des raisons économiques ; en effet, à cette époque il n' y avait pas de travail et la pauvreté, la misère étaient importantes. Après une halte à Grenoble, ils s'installèrent prés de Vienne où l'on cherchait de la main d'œuvre pour cultiver les terres. C'était également une ville assez proche de l'Italie. Volontaires et travailleurs, ils trouvèrent rapidement du travail dans le bâtiment ou l'agriculture. Leur intégration s 'est faite assez facilement car ils ont réussi à trouver une stabilité sur le plan financier. Ils n'ont pas échappé toutefois au racisme : ils étaient fréquemment traités de fascistes ou de macaronis. C'est pour masquer leurs origines qu'à leur arrivée, ils ont francisé leurs prénom; ma grand mère qui s'appelait Giannova s'est rapidement faite appeler Jeanne. »
Histoire de Giorgis Teobaldo :
« Monsieur Giorgis Teobaldo est né en 1920 dans le Piémont, dans une petite ville nommée Druento. Il arrive en France lorsqu'il a trois ans en compagnie de sa mère. Son père ayant trouvé un emploi en tant que maçon à Voiron, dans l'Isère. Le jeune Teobaldo ne parlait pas du tout français en arrivant mais il s'est cependant vite adapté à la culture française. »
Histoire de Baptiste Cavagna :
« Je suis originaire de Santa Croce dans le nord de l'Italie. En 1926, à l'âge de vingt cinq ans j'ai dû partir en France pour trouver du travail et dégager plus d'argent afin de subvenir aux besoins de ma famille.
En 1926, j'arrivai en France dans le Gard à Saint Hilaire d'Auzillan en train. Je m'intégrai sans grandes difficultés car je parlais déjà un peu le français et je trouvais un travail en tant que bucheron. Ensuite, nous avons vécu en Italie à San Pelegrino, pendant deux ans. Puis, la guerre finie, je pris la décision de retourner en France après huit ans d'absence. A notre retour dans le Gard je trouvai un emploi de fermier. Au bout de un an, je m'inscrivais au consulat d'Italie à Lyon et je fus ensuite embauché par Monsieur Lagier comme ouvrier agricole dans la Drôme. C'est ainsi que nous installâmes aux Payats dans la commune de Menglon, l'exploitation où je travaillais se trouvant non loin de là. La famille pût encore s'agrandir et j'eus ainsi six enfants. Mes frères sont restés en Italie mais nous ne sommes pas souvent retournés les voir après notre arrivée et notre installation en France »